Accéder au contenu principal

En savoir plus sur ce blog

Le confinement est une expérience unique et parfois angoissante. Le temps est suspendu, les jours se ressemblent et plus personne n’ose remplir son agenda. Les annulations pleuvent, l’incertitude règne. On vit au jour le jour et on habite son quotidien. 
Ce confinement est aussi une expérience sociologique sans précédent, notamment dans le domaine du genre et de la sexualité. Cette expérience bouleverse les équilibres plus ou moins précaires sur lesquels nous avions construit nos vies. Certain·es se retrouvent soudainement enfermé·es avec leurs enfants ou leur conjoint·e, d’autres se sentent terriblement isolé·es. L’espace domestique redevient cet espace de danger et d’oppression qu’il a souvent été, le travail domestique et de soin retombe largement sur les mêmes,  quelqu’un doit porter la charge mentale du confinement. La violence, aussi, s’intensifie à l’intérieur des foyers. 
Nos vies amoureuses et sexuelles sont radicalement transformées. Finis les coups d’un soir grâce à Tinder ou Grindr, on ne peut plus sortir en bar ou en boîte, l’amant·e ne peut pas nous rejoindre pour la nuit. On expérimente la solitude, l’abstinence, le cyber sexe ou encore les jouets commandés à la sauvette sur Internet. On s’invente des romances et des fantasmes, on comble l’absence.
Bien que potentiellement douloureuses, ces expériences sont très riches. En ces temps de confinement, ce blog invite à y réfléchir. L’idée est d’écrire sur ce que nous vivons, de partager ces réflexions et ces expériences, avec une attention particulière pour les questions de genre et de sexualité.
Il est alimenté par les contributions des étudiant·es et des ancien·nes du Master Genre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que celles des étudiant·es des cours de « Sociologie du genre » et de « Psychopathologie de la sexualité » (ULB).
Ecrivez, publiez, partagez, créez du lien social et intellectuel en ces temps d’éloignement des corps. Ensemble, tenons un journal intime du confinement… et prenons soin de nous !


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

« Loin des yeux, loin du cœur »

« Loin des yeux, loin du cœur », disait-on. À l’aube du confinement, tu m’avais quittée par téléphone. La tristesse appuyait sur mon sternum, la cage thoracique broyée, à chaque respiration c’était bagarré.  On s’était pourtant revus quelques fois, s’embrassant et faisant l’amour comme des amants. Mais, à l’appel du virus et de la mort qui se propageait sur tous les continents, nous nous sommes confinés. Malgré l’envie irrésistible de nos corps voulant s’emmêler l’un à l’autre, nous étions finalement séparés.   « Loin des yeux, libidineux ». Au début, nous étions retirés chacun chez soi, tels un ours dans sa tanière et une loutre dans son terrier. Tout a commencé par une simple question à laquelle tu as répondu immédiatement, fait inhabituel pourtant. Et là, sous nos yeux, s’est déployé une parade amoureuse par sms où l’on faisait l’amour chaque matin, on s’envoyait des tuyaux culturels la journée et on s’appelait complètement ivres en soirée. C’était ...

Enfin une bonne nouvelle !

Tu te promènes tranquillement dans les rues, de plus en plus vides. Cette situation te tourmente un peu plus chaque jour. Alors tu allumes ta cigarette mais bizarrement elle ne te goûte pas. Tu la jettes après quelques bouffées. Tu attrapes ton paquet de chewing-gum, tu en mets un dans ta bouche cependant il te laisse un goût amer. Étrange. En voyant une femme rentrer chez elle avec son sac de course, tu repenses à cet article de  Au féminin , qui parle de ces meufs françaises qui ont reçu des contraventions pour avoir été chercher des protections hygiéniques. Ça te met sur le cul parce qu’à choisir entre du PQ et des tampons, tu prendrais la deuxième option. Pisser, tu peux le contrôler et le faire dans ta baignoire. Même en confinement, le monde a un problème avec les fluides corporels, en particulier lorsqu’ils jaillissent d’une chatte. La petitesse de ton existence te fait te sentir bien misérable dans cette énorme industrie capitaliste où les biens de première nécessité ne s...

Non, mes ami·es, je compte les heures…

Tututuuuut, tutututuuuuut, tutututuuuuut… zut, merde, le réveil, il faut que je me lève avant que mon fils ne se réveille… Je cours, je saute, j’arrive au salon et avec une précision digitale digne d’un prestidigitateur, j’arrive à l’éteindre dans un temps record. Silence… je regarde à gauche et à droite, je tiens ma respiration. Et du coup, j’entends… Mamaaaaaaaaaaa ! Mon heure de tranquillité a disparu avant même d’avoir commencé. Youpi… une spirale d’activités frénétiques va commencer… pour que mon petit être vivant soit occupé et me fiche la paix… le temps que ça dure.  Allez, hop ! Une fois le deuil de mon heure matinale passé, j’affiche mon meilleur sourire et je me dispose à commencer la journée… ou plutôt à survivre à cette journée.  On débute avec le petit-déj, on continue avec une persécution à travers la maison pour s’habiller (oui, les spécialistes - maintenant il y en a plein - expliquent qu’il faut que les enfants aient une routine, histoire d...